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Impressions du Millésime 2022

18 oct 2022

Le balancier des millésimes 

Comme le balancier d’une horloge, les millésimes semblent alterner entre le chaud et le froid, le sec et l’humide, le puissant et le délicat. En bon millésime pair, 2022 a donc commencé sous les meilleurs auspices : belles pluies en automne et hiver rigoureux.  Pas tout à fait assez d’eau pour refaire les réserves exsangues de 2021, mais 2022 partait sur les bons rails d’un millésime humide et frais. 

Dry January …

Sur de bons rails … mais le train s’est vite arrêté ! Pas une goutte de pluie en janvier, et un hiver qui semblait n’en jamais finir. Les vignes ont pointé timidement leurs premières feuilles en avril, mais les températures matinales étaient encore trop froides pour que la végétation explose. 

Réchauffement du printemps, accélération du temps…

Dès le mois de mai, ce retard s’est transformé en avance, grâce à des températures particulièrement chaudes mais toujours trop peu de pluies. Les vignes étaient en pleines fleurs fin mai, avec 10 jours d’avance, laissant présager des vendanges précoces. Le train du millésime « frais » semblait avoir changé de voie pour partir sur un millésime chaud, sec et précoce.  

Un binage vaut deux arrosages 

En juin et juillet, ces conditions se sont intensifiées : les sols accusaient un déficit hydrique 40% inférieurs aux normales, les températures, parfois caniculaires, étaient supérieur de 4°C aux normales de saison, et les vignes avaient 15 jours d’avance sur l’an passé. Comme chaque année, nous avons dû adapter nos méthodes culturales au climat : un binage vaut deux arrosages, dit le dicton paysan, nous avons donc enfoui les enherbements hivernaux et griffé les sols pour tenter de limiter les effets de la sécheresse.  

Des vignes en pleine forme malgré l’extrême sécheresse

Grâce à cela les vignes se sont parfaitement adaptées à cet été chaud et sec, en conservant un joli feuillage, au milieu d’un paysage devenu totalement desséché. Fait exceptionnel, au 11 août nous faisions les premiers prélèvements pour constater que les grenaches étaient déjà quasiment à maturité. 


De l’eau, in extremis ! 

Le 17 et 18 août, revirement de situation ! Le ciel nous a offert en 2 jours autant d’eau qu’il en était tombé les 6 derniers mois ! Un orage de 80 mm qui allait rebattre les cartes in extremis, alors que le millésime semblait joué, et que seaux et sécateurs étaient prêts à faire feu. 

Un cadeau empoisonné ! 

Un cadeau du ciel salvateur pour la majorité des vignes qui en ont profité pour faire gonfler un peu leurs raisins, et débloquer les maturités. Mais un cadeau empoisonné, car accompagné de grêle sur une petite partie du vignoble, dont les feuilles et les grappes ont été touchées. 

 

Des vendanges précoces et rapides

Les vendanges ont pu commencer le 22 août par des Grenaches, vite suivis par les Cinsault et les Mourvèdres pour le rosé. Tout s’est enchaîné très vite avec les rouges, avec une petite pause de 4 jours nécessaire pour attendre les maturités optimales qui prenaient leur temps sur les terroirs les plus argileux du domaine. Malgré un second orage dans la nuit du 7 septembre, nous avons poursuivi les vendanges dès le lendemain, pour les terminer le 9 septembre. 

Fidèle à l’alternance

Loin d’avoir comblé les très faibles rendements (moins pires que l’an dernier), les pluies ont totalement modifié le profil du millésime, en apportant beaucoup de souplesse et d’élégance aux jus, tant en rouge qu’en rosé. Fidèle à l’alternance des millésimes, tel le balancier d’une horloge, 2022 sera donc un millésime frais et délicat, dans la lignée des précédents millésimes pairs ! 
 

 

Retrouvez ici l'album photo du millésime